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4 novembre 2006 6 04 /11 /novembre /2006 08:38

Une nouvelle internationale syndicale en marche
 
 

La création de la CSI, Confédération syndicale internationale, le 1er novembre, marque la fin de l’illusion syndicale communiste. Elle consacre le rapprochement de la Confédération internationale des syndicats libres, et de la Confédération mondiale du travail, d’inspiration chrétienne.

 

Le 1er novembre 2006 comptera, sans nul doute, comme l’une des dates phares de l’histoire du syndicalisme international. Le congrès fondateur, à Vienne, en Autriche, d’une nouvelle internationale, en lieu et place des confédérations existantes – la CISL (Confédération internationale des syndicats libres) et la Confédération mondiale du travail (CMT) – marque la fin, longtemps attendue, du morcellement du mouvement syndical international, qui restait depuis la fin de la guerre froide divisé selon des lignes qui n’ont aujourd’hui plus lieu d’être. C’est aussi la fin de l’illusion syndicale communiste.


« La CISL et la CMT défendent les mêmes valeurs d’un syndicalisme libre, démocratique et indépendant », déclarait Guy Ryder, secrétaire général de la CISL, lors du congrès de la CFDT à Grenoble, pour expliquer les raisons de l’unification des deux confédérations. Ce projet d’unification syndicale, qui était sur la table depuis de nombreuses années, achoppait sur le point de savoir si la CMT, la plus petite des deux internationales, devait être absorbée par la CISL. Le déblocage est survenu en 2003, lorsque la dissolution des deux organisations fut enfin proposée en vue de la création d’une nouvelle entité, qui permettait aussi aux organisations sans affiliation internationale (comme la CGT) de rejoindre le mouvement.

En effet, le mouvement syndical international a longtemps été marqué par la présence de trois grandes organisations : la Confédération internationale des syndicats chrétiens, devenue par la suite Confédération mondiale des syndicats (CMT), est fondée en 1920. Elle incarne le mouvement syndical chrétien proche de l’Église, dont elle tire parfois son origine. La CFTC prend part à la CMT dès sa création. Face à ce syndicalisme chrétien, voit le jour, en 1945, la FSM (Fédération syndicale mondiale), réunissant notamment la CGT française, le TUC britannique, le CIO américain, le Conseil central de l’Union des syndicats d’URSS. Elle éclate pendant la guerre froide et est alors annexée par le mouvement communiste, et les syndicats qui y restent affiliés sont intimement liés au Parti communiste de leurs pays respectifs. À l’échelle européenne, trois organisations principales demeurent à la FSM après la scission : la CGT française, la CGIL italienne et les CC.OO espagnoles. Toutefois, la CGIL et les CC.OO quittent la FSM pour la CISL assez tôt, alors que la CGT n’en part qu’en 1995, soit six ans après la chute du mur de Berlin.
Les scissionnistes ayant quitté la FSM, ainsi que FO, se retrouvent dès 1949 au sein de la CISL, dont les valeurs s’articulent autour de la défense de la démocratie, le respect et la promotion des droits de l’homme. Dans le contexte de la guerre froide, la CISL a représenté une alternative au syndicalisme communiste de la FSM. À ce titre, elle a reçu le soutien des États-Unis. Pour sa part, la CFDT a été membre de la CMT jusqu’en 1979, puis de la CISL à partir de 1988.


Selon Guy Ryder, « ces divisions avaient peut-être eu leur propre logique et leur propre justification dans le passé ». Le secrétaire général de la Confédération internationale des syndicats libres reste toutefois convaincu qu’elles n’ont plus de raison d’être. La disparition du rideau de fer, la chute du mur de Berlin en 1989, et le nouveau contexte de la mondialisation des échanges économiques ont changé la donne.

 

Une nouvelle donne : la mondialisation. Moins divisé face aux défis de la mondialisation, le syndicalisme international pourrait se concentrer sur l’élaboration d’un plan de travail ambitieux capable de peser comme acteur incontournable dans la gouvernance mondiale. Selon Anousheh Karvar, secrétaire nationale, « l’unification du mouvement syndical devra permettre de repenser les chaînes de solidarité à travers le monde. L’unification du mouvement syndical s’entend dans un esprit offensif pour participer à la construction d’outils efficaces de régulation au niveau mondial ». Pour relever ces défis, la CSI devra faire une plus grande place à l’arrivée massive des organisations latino-américaines, asiatiques, africaines et est-européennes. Un rééquilibrage paraît nécessaire afin de mieux refléter le poids des économies des pays émergents et des pays en voie de développement.


Enfin, les organisations régionales ont un rôle plus important à jouer dans un contexte où l’intégration régionale est un outil central pour contrer les inégalités. Les régionales de la CISL et de la CMT se donnent ainsi un an pour laisser place à des structures uniques. Dans ce contexte, la régionale incluant les organisations européennes trouvera une place particulière.


Des interrogations persistent. Pour autant, la création de la CSI ne constitue pas un aboutissement en soi. Son efficacité reposera sur le renforcement du syndicalisme en général, sur le développement des droits fondamentaux, sur le dépassement des replis nationaux et corporatistes.


La bonne intégration de toutes ses composantes dans la nouvelle internationale est un enjeu pour la cohésion de la CSI. Un fonctionnement en tendances selon les anciennes affiliations conduirait à des débats internes appauvris débouchant sur des prises de décisions générales fondées sur un consensus a minima. Cela reviendrait, de fait, à renforcer les mouvements altermondialistes radicaux et à affaiblir davantage les revendications syndicales. Selon Anousheh Karvar, « l’enjeu de l’après-congrès consistera à dépasser le stade des débats de forme ». Un enjeu essentiel pour que la nouvelle organisation « puisse devenir un outil au service des salariés du monde avec le souci de faire progresser leurs droits, la solidarité internationale et la démocratie ».


« Faire émerger un acteur efficace de la régulation mondiale »
Anousheh Karvar, secrétaire nationale chargée des questions internationales, revient sur les enjeux de cette nouvelle internationale syndicale.


Pourquoi la CFDT s’est-elle impliquée dans le processus de construction de la Confédération syndicale internationale ?


Pour la CFDT, la création de la nouvelle internationale marque la fin de l’illusion du syndicalisme international. C’est aussi la consécration de notre engagement antitotalitaire, en faveur du respect de la démocratie et des droits syndicaux dans le monde entier. Il s’agit enfin d’aider à faire émerger un acteur efficace de la régulation mondiale, d’éviter de s’enfermer dans des débats internes appauvris qui déboucheraient sur des prises de position a minima, ce qui reviendrait, de fait, à renforcer des mouvements radicaux et à affaiblir la lutte contre les inégalités et pour le respect des normes sociales dans tous les pays.


Quelles sont, selon la CFDT, les priorités à donner à cette nouvelle internationale ?


Le capitalisme déterritorialisé échappe désormais largement aux frontières régionales et nationales. Il conduit à la délocalisation des activités vers des zones où le travail est moins cher, où le salariat est moins structuré pour défendre ses droits. Les filières de production des biens et des services se dispersent à travers le monde. La financiarisation du capitalisme a un impact direct sur la production et la répartition des richesses et, par voie de conséquence, sur le salariat.
Ces évolutions du capitalisme remettent en cause, là où elles existent, les régulations sociales qui étaient construites jusqu’ici à l’échelle nationale. Elles les empêchent d’émerger dans les pays pauvres, gouvernés par des régimes non démocratiques.


La nouvelle CSI devra permettre de repenser notre mode de développement et nos systèmes de solidarité. Elle devra promouvoir les valeurs démocratiques, faire évoluer la gouvernance mondiale avec des modes d’action renouvelés et un rapport de force amplifié.


Quelle place occuperont les confédérations françaises dans la nouvelle internationale ?


À la faveur de l’unification et de l’élargissement, quatre organisations françaises (CFDT, FO, CFTC et CGT) se trouveront réunies au sein de la CSI. Avec la Confédération européenne des syndicats, ce sera une nouvelle occasion pour elles de confronter leurs points de vue et de construire un discours commun sur les questions de portée internationale. Ce sera aussi une excellente école pour rapprocher le syndicalisme français autour d’objectifs précis – à condition que les orientations de la nouvelle CSI, comme celles de la CES à l’échelle européenne, les engagent sur le plan international comme au niveau de leurs structures internes.

 

 

Quelle place pour la CES et les FSI ?


La place de la CES (Confédération européenne des syndicats) au sein de la CSI pose question. L’enjeu est de continuer à garantir à la CES son autonomie et sa place unique d’interlocuteur dans le dialogue social européen, tout en permettant à la nouvelle internationale de couvrir l’ensemble du continent européen. Un Conseil régional paneuropéen (CRPE) sera donc créé. Le secrétaire général du CRPE serait le secrétaire général de la CES. Pour la CFDT, il est essentiel de conserver la spécificité de la CES en tant qu’interlocuteur du dialogue social européen.
Par ailleurs, la CSI reconnaît l’autonomie et la responsabilité des FSI (Fédérations syndicales internationales). Dans un souci d’efficacité, elle établit un partenariat structuré avec elles, comme avec la Tuac, commission syndicale consultative auprès de l’OCDE.

 

Au 1er novembre, la CISL compte 155 millions d’adhérents au sein de 241 organisations réparties dans 156 pays. La CMT compte 26 millions d’adhérents réunis dans 144 organisations de 116 pays. Les non-affiliés, issus ou non de la FSM, comptent 3 millions d’adhérents.


 © CFDT pour en savoir plus : http://www.cfdt.fr

 

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Published by Equipe rédaction CFDT Eurocopter - dans Actualité : La CFDT se postionne !
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