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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 08:04

 

 


 

Cette réforme est une provocation par François CHEREQUE !

 

 

 

 

Interrogé par Le Figaro.fr, François Chérèque voit dans le projet du gouvernement sur la réforme des retraites, "une réforme injuste et à court terme".
 

Que pensez-vous de cet avant-projet de loi ?

 

C'est une réforme injuste et à court terme, quasiment une provocation. 85 % de l'effort est supporté par les seuls salariés via le passage à 62 ans et le relèvement des taux de cotisations des fonctionnaires. Le gouvernement justifie cette réforme par la crise qui a gonflé les besoins de financement mais il fait payer l'addition aux seuls salariés car il refuse de toucher aux hauts revenus et du capital. Cette réforme ne résout rien en outre à moyen terme car elle n'est équilibrée qu'en 2018. Ni avant car les déficits continueront à exister, ni après car le problème financier reste entier au-delà.

 

Au final, cette réforme est un mauvais coup pour toutes les générations et ce sont les jeunes qui vont payer la note. Elle marque en outre une vraie rupture à 2003. On est passé d'une réforme basée sur la durée de cotisation avec prise en compte de l'espérance de vie à la retraite à une réforme basée sur l'âge sans prise en compte de l'espérance de vie.

 

La réforme est-elle bouclée financièrement selon vous ?

 

Non. Les déficits d'ici 2018 sont financés par le Fonds de réserve des retraites (FRR). Je rappelle en passant que ce FRR avait été créé pour que le poids des départs en retraite des baby-boomers soit moins lourd à porter pour les générations nées dans les années 1960 et 1970 - une façon d'atténuer le fait que les générations précédentes n'ont pas pris leurs responsabilités. Or le problème reste entier après 2018 car le choc démographique sera toujours là. Il n'est de plus pas question de transférer des cotisations d'assurance-chômage vers l'assurance-vieillesse. On ne peut pas prévoir un financement du système en se basant sur une hypothèse de retour à l'équilibre des comptes de l'Unedic en 2015. Rien ne dit que ce sera le cas, d'autant plus que la réforme va faire augmenter le nombre de demandeurs d'emploi de plus de 60 ans. Je remarque en outre que cette réforme ne propose rien sur l'emploi. Au final, le gouvernement fait de la cavalerie en creusant un déficit pour en combler un autre.

 

N'avez-vous pas échappé au «pire»: un âge légal à 63 ans ?

 

On a vu venir la campagne de communication, entre un premier ministre dur et un président de la république gentil. C'était trop gros, personne n'est tombé dans le panneau.

 

Le gouvernement juge le relèvement du taux de cotisation dans la fonction publique «indolore». Partagez-vous cet avis ?

 

Une augmentation de 0.27 % par an sur 10 ans, c'est quand même raide. C'est une sorte de double peine en matière de pouvoir d'achat pour les fonctionnaires. Non seulement leurs salaires n'augmentent plus mais on va leur prélever des cotisations supplémentaires qui vont peser sur leur pouvoir d'achat.

 

Allez-vous rechercher un compromis avec le gouvernement pour atténuer le choc de cette réforme ?

 

Je considère qu'avec 85 % de la réforme financée par les seuls salariés, il n'y a pas grand chose à grignoter. Je vais d'abord reposer la question d'une réforme systémique et lui présenter le contenu de la réforme qui a été validée par les militants de la CFDT la semaine dernière en congrès. Une réforme qui vise à réduire les inégalités, basée sur l'allongement de la durée de cotisation et qui prend en compte la pénibilité, les carrières longues, la situation des femmes, et les polypensionnés. Je lui ferai des propositions alternatives. Les conséquences de la crise doivent être prises en compte par la fiscalité. Franchement, relever de 1 % seulement la tranche supérieure d'imposition sur le revenu, les bras m'en tombent. Je m'attendais à un peu plus de sérieux du gouvernement sur cette question mais le choix a été fait de ne pas toucher aux hauts revenus. 1 %, c'est ridicule et les gens vont s'en rendre compte.

 

Que pensez-vous du dispositif «pénibilité» proposé ?

 

C'est une usine à gaz vide qui crée de nouvelles injustices parce qu'elle ne résout rien. En matière de pénibilité, tout reste à faire. Le gouvernement a ce dossier entre les mains depuis 2007. Tant Xavier Bertrand que Brice Hortefeux et Xavier Darcos n'ont rien fait. La CFDT va remettre en chantier sa proposition d'une année de bonification de cotisation pour dix années d'exposition dans un métier pénible. Je remarque de surcroît que le texte d'Éric Woerth ne propose rien sur les polypensionnés alors que le gouvernement s'était engagé à apporter des solutions.

 

Aucune mesure ne trouve donc grâce à vos yeux ?

 

Difficilement car il s'agit d'un projet d'ensemble. Chaque salarié va maintenant pouvoir calculer ce qu'il en sera pour sa propre retraite. Et ça va être un choc. Ca ne changera rien pour ceux qui ont fait des études et ont eu des carrières complètes valorisées. Mais ça changera pour tous les autres. On voit bien que le gouvernement a voulu protéger les carrières longues chères à la CFDT en le maintenant et en l'élargissant à ceux qui ont commencé à travailler à 17 ans. Mais pourquoi avoir poussé à 43 ans de cotisation pour en bénéficier alors qu'on aurait pu rester à 42 ans ? Il n'y a que cette demi-mesure qui pourrait trouver grâce à mes yeux si on y incluait ceux qui ont commencé à 18 ans qui sont condamnés à cotiser 44 ans.

 

Vous serez ce soir en direct dans le journal de 20 heures de France 2 avec Bernard Thibault. Éric Woerth doit-il y voir un message et une mise en garde ?

 

On y va ensemble parce qu'on nous a invités ensemble. Cela veut dire qu'on a des éléments communs de désaccord pour contrer cette réforme.

 

 

Propos recueillis par Olivier Auguste et Marc Landré

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Published by Equipe rédaction CFDT Eurocopter - dans Réforme des retraites 2010
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