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10 mars 2008 1 10 /03 /mars /2008 09:39

Nous sommes intervenus à de nombreuses reprises sur ce blog sur l’usage abusif de l’anglais au sein d’EADS et plus spécifiquement d’Eurocopter.
 
 
 
Voir le dossier :
 
 
 
http://cfdt-eurocopter.over-blog.com/categorie-1222415.html
 
 
 
 
 
Cela avait donné lieu à une interpellation de la direction d’EADS et d’une réponse formelle.
 
 
 
Chez GEMS, les partenaires sociaux viennent de conclure un accord sur ce sujet. Comme quoi tout est possible, et défendre la langue française, même dans un environnement mondialisé n’est pas utopique. Il faut se rappeler que la société GEMS avait été condamnée par les tribunaux sur l’usage de l’anglais.
 
 
 
A suivre…
 
 
 
 
 
L'usage du français au sein de General Electric Medical Systems
 
 
 

Le premier accord relatif à l'utilisation de la langue française dans une entreprise a été signé par le fabricant de matériel médical et trois syndicats, le 25 janvier dernier.

 
 
 

Un accord relatif aux modalités pratiques de l'usage de la langue française a été conclu, le 25 janvier 2008, entre General Electric Medical Systems et les syndicats CFDT, CGT et CGT-FO, pour une durée de cinq ans. Cet accord fait suite à un arrêt de la cour d'appel de Versailles du 2 mars 2006, condamnant la société, en application de l'article L. 122-39-1 du Code du travail, à mettre à la disposition de ses salariés en France une version française des logiciels et des documents portant sur la formation, l'hygiène et la sécurité ainsi que ceux portant sur les produits fabriqués. Signé « en présence », des secrétaires du CE et des CHSCT, il s'accompagne de la signature d'un « accord de résolution amiable», mettant fin au conflit judiciaire.

 
 
 
Liste des documents à traduire
 
 
 

Les signataires conviennent d'une « acceptation négociée » des dispositions de l'article L. 122-39-1 du Code du travail, issu de la « loi Toubon » du 4 août 1994. En application de ce texte, la société s'engage à traduire en français un certain nombre de documents, quel que soit leur support. Il s'agit de tous ceux qui comportent des obligations pour le salarié tels que le contrat de travail ou ses avenants, ainsi que ceux comportant des dispositions dont la connaissance est nécessaire aux salariés pour l'exécution de leur travail. La liste inclut :

 
 
 

- les accords collectifs et les engagements et actes unilatéraux de l'employeur ;

 

- le règlement intérieur et les notes de service relevant du statut collectif ;

 

- les formations et supports de formation.

 
 
 

L'accord pose le principe (une annexe fixant les exceptions) d'une rédaction en français des documentsconçus ou rédigés en France, destinés à un personnel français ou francophone quel que soit le support utilisé. Allant plus loin que la définition des documents donnée par l'article L. 122-39-1, l'accord impose la traduction de toute la communication destinée au personnel, contenant des informations économiques ou financières relatives aux activités de la société, ainsi que la traduction des documents techniques reçus de l'étranger s'ils contiennent des informations relatives à la sécurité ou s'ils sont communiqués aux clients français.

 
 
 
Outils informatiques
 
 
 

Selon l'accord, l'ensemble des outils informatiques nécessaires aux salariés pour l'exécution de leur travail ou pour la mise en œuvre de leurs obligations et droits, doit aussi être disponible en version française. En cas d' indisponibilité des logiciels en français, la société s'engage à fournir aux salariés des modes d'emploi en français ainsi qu'un interlocuteur référent afin de faciliter la résolution de problèmes éventuels. Un système de traduction automatisée des écrans des applications et une aide à la traduction devront également être mis à la disposition des salariés, par le biais de leur messagerie électronique et d'Internet, mais aussi par des outils de traduction automatique technique.

 
 
 

L'accord prévoit aussi des garanties disciplinaires : aucune sanction ne pourra être infligée à un salarié en cas de fautes commises suite à l'incompréhension d'un document qui n'aurait pas été traduit. La société devra, avant toute sanction, vérifier le lien de causalité entre cette absence de compréhension et les faits reprochés au salarié, ainsi que son niveau de maîtrise de la langue anglaise.

 
 
 
Formation à la langue anglaise
 
 
 

Les salariés pourront demander à bénéficier d'une formation de perfectionnement en anglais. Ceux dont le poste conduit à utiliser fréquemment l'anglais sont assurés de bénéficier d'un ou plusieurs modules de formation (30heures), après évaluation par un organisme externe de leur niveau de connaissance de la langue.

 
 
 

L'entreprise s'engage par ailleurs à dispenser toutes ses formations en français, sauf dans l'hypothèse où la formation serait destinée à un public international (cadres supérieurs et/ou managers). Dans ce dernier cas, un coformateur francophone ainsi que des supports de cours en français devront accompagner la formation.

 
 
 

L'accord crée une commission paritaire de suivi, chargée de mettre à jour chaque année la liste des documents à traduire et de faire des recommandations pour résoudre certaines difficultés. En cas de divergences persistantes sur l'application de l'accord, il sera possible de saisir un médiateur qui devra prendre position dans un délai d'un mois.

 
 
 

L'accord est conclu pour cinq ans. En l'absence de dénonciation à l'issue de ce délai, l'accord sera prolongé pour une durée indéterminée.

 
 
 
Accord du 25 janvier 2008 sur les modalités pratiques d'usage du français au sein de General Electric Medical Systems
 



Liaisons Sociales Quotidien, 05/03/2008

 
 
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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 19:15

 


La CFDT est intervenue au niveau d’EADS sur l’usage abusif de l’anglais dans l’entreprise, il y a quelques mois. Ce n’est pas un sujet anodin même dans un groupe international comme le notre.

 
 
 

GEMS a été une des premières entreprises traduite devant les tribunaux à ce sujet. Aujourd’hui, un accord a été négocié entre les partenaires sociaux et l’entreprise. C’est une avancée dont doivent pouvoir s’inspirer nombre d’entreprises.

 
 
 

Pour en savoir plus, sur ce sujet, vous pouvez consulter notre dossier sur ce blog.

 
 
 
 
 
 
 

 


LES DOCUMENTS ANGLAIS SERONT TRADUITS CHEZ GENERAL ELECTRIC MEDICAL SYSTEM

 
 
 
 
 
 
 

Un accord sur l'utilisation de la langue française au sein de General Electric Medical Systems a été signé par la CFDT le 25 janvier dernier. Il s'agit du premier accord relatif

 

à l'application de la loi Toubon dans une entreprise à l'activité largement internationale. Cet accord est intervenu à la suite d'une action judiciaire engagée en janvier 2005 par l'ensemble des instances représentatives du personnel de cette entreprise. Ces dernières ont gagné en première instance et en appel à Versailles, contre la direction de General Electric Medical Systems.

 
 
 

Les jugements ont imposé à l'entreprise de respecter l'article L 122-39-1 du code du travail qui reprend la loi Toubon. Peu de temps après l'appel, alors que la Direction se pourvoyait en cassation, elle a demandé aux organisations syndicales de négocier un accord sur l'utilisation de la langue française en interne pour échapper à l'astreinte de 20 000 euros par document non traduit imposée en appel. La CFDT a accepté cette négociation après réflexion, pour sécuriser la situation des salariés dans leur travail, en leur garantissant des documents écrits en français et des moyens de formation à l’anglais, pour conforter aussi la jurisprudence issue de cette affaire.

 
 
 

L'accord qui vient d'être signé précise l'ensemble des documents qui répondent aux critères de la loi Toubon et sont utiles aux salariés pour leur travail quotidien (les trois quarts des documents techniques étaient jusqu'à présent écrits en anglais). Cet accord engage aussi la direction à multiplier ses efforts de perfectionnement des salariés à l'anglais et à mettre à la disposition de ceux-ci un outil de traduction automatique pour les communications internationales de travail sur le web. La CFDT a fait augmenter le nombre de documents à traduire et insisté pour que des moyens conséquents soient donnés aux salariés. Récemment, la direction a parallèlement retiré son pourvoi en cassation.

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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 07:50

Drame d’Epinal : Malades irradiés, un logiciel en anglais source de l'erreur
 
 
Depuis plusieurs mois la CFDT mène au niveau d’EADS et donc d’Eurocopter, un combat contre l’usage de l’anglais dans notre entreprise (Voir le dossier sur ce blog « L’anglais dans l’entreprise). Cette démarche est parfois incomprise, considérée archaïque, voire d’arrière garde et souvent moquée. Il n’en demeure pas moins que nous avons obtenu une réponse claire de la direction d’EADS, à laquelle chaque salarié peut se référer.
 
Il n’en demeure pas moins que c’est un sujet sérieux, et particulièrement dans notre domaine industriel, l’Aéronautique, où l’erreur n’est aussi pas permise.
 
Nous vous avons relaté un problème survenu en Allemagne dans un hôpital sur des prothèses mal posées suite à une absence de traduction du mode d’emploi dans la langue de Goethe. Aujourd’hui, nous apprenons que le drame d’Epinal est aussi dû à une absence de traduction.
 
Ce sujet de la langue anglaise, qui parait anodin, ne l’est pas autant que cela…
 
A méditer…
 
 
Le rapport sur l'accident de radiothérapie qui a entraîné la mort de quatre personnes vient d'être publié.
 

Bug linguistique

Dans un premier temps, Antoine Perrin, directeur de l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) de Lorraine, a expliqué, lors d'une conférence de presse, que l’erreur est survenue suite à une mauvaise interprétation d'un logiciel en anglais : « Le problème ne vient ni des manipulateurs ni du logiciel, mais de l'interprétation et de la transmission du logiciel. » Réaction immédiate des centres hospitaliers : le logiciel « incriminé » sera changé à Epinal et dans cinq autres centres de radiothérapie où il est utilisé en France, « par principe de précaution », dixit Antoine Perrin.

"L'information du consommateur" (qui semble être la préoccupation principale, sinon exclusive, des autorités européennes) n'est pas seulement en cause. Des problèmes de ce genre, incompréhension de textes disponibles uniquement en anglais, de nombreux salariés français en rencontrent chaque jour dans l'exercice de leur travail (et certainement pas seulement dans le secteur privé comme on le voit bien ici). Mais ils n'ont évidemment pas toujours des conséquences aussi dramatiques.
 
Peut-on au moins espérer que les pouvoirs publics français et les corps intermédiaires comprennent que non seulement il est de leur responsabilité, mais de leur devoir, de faire appliquer scrupuleusement la loi Toubon ?
On se souvient de ce fait divers tragique : traités par radiothérapie (à l'hôpital Jean Monnet d'Epinal pour des cancers de la prostate entre le 6 mai 2004 et le 1er août 2005, 23 patients ont fait l'objet de surdosage, dont quatre sont aujourd'hui décédés. Dix présentent « une complication (...) sévère » et neuf subissent une « atteinte modérée », selon l'IGAS (l'Inspection Générale des Affaires Sociales). Cet organisme vient de publier un rapport (téléchargeable en fichier .PDF) très critique sur cet accident.
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22 août 2007 3 22 /08 /août /2007 18:22

 



Qui a dit que défendre la langue française dans les entreprises est un combat d’arrière garde ? En Allemagne, faute de traduction dans la langue de Goethe, 47 patients sont victimes d’une erreur médicale…

 
 
 

N’hésitez pas à consulter notre dossier sur le sujet, et notamment la réponse de la direction d’EADS à notre interpellation sur le sujet.

 
 
 
A suivre.
 
 
 

Allemagne : 47 erreurs médicales liées à une faute de traduction

 
 
 
AFP - Dimanche 12 août 2007,
 
 
 

BERLIN (AFP) - Quarante-sept patients opérés du genou dans un hôpital de Berlin ont été victimes d'une erreur médicale en raison d'une mauvaise traduction de la notice concernant la prothèse qu'on leur a implantée, rapporte dimanche le quotidien berlinois Tagesspiegel.

 
 
 

"Cet accident est impardonnable", a reconnu le responsable de l'institut qui chapeaute l'hôpital Sankt-Hedwig, Reinhard Nieper, interrogé par le journal.

 
 
 

Les patients souffraient à l'articulation du genou. La prothèse était censée leur redonner de la mobilité.

 
 
 

Mais les médecins ont implanté ces prothèses sans y ajouter le ciment qui était prévu, car l'autocollant en allemand indiquait "prothèse ne nécessitant pas de ciment". En anglais pourtant, l'indication d'origine évoquait une prothèse "Non-Modular Cemented" (non modifiable et devant être cimentée), rapporte le Tagesspiegel.

 
 
 

Les médecins ont été formés à l'utilisation de la prothèse sans que quiconque ne remarque l'erreur. Un représentant du fabricant, présent lors des premières opérations réalisées à Berlin, n'a rien constaté d'anormal, ajoute le journal.

 
 
 

Les patients, opérés entre mai 2006 et mars 2007, ont été informés de l'erreur et, de fait, un tiers d'entre eux avaient fait état de "problèmes" avec leur nouvelle prothèse.

 
 
 

La moitié des malchanceux a choisi de se faire réopérer, précise le Tagesspiegel, et un tiers l'a déjà été, aux frais de l'hôpital, naturellement.

 
 
 

Un professeur de chirurgie orthopédique, Heino Kienapfel, a déploré que "certains produits arrivant sur le marché européen ne portent d'indications qu'en anglais", au lieu d'être traduits d'emblée en plusieurs langues ou de porter des pictogrammes. "C'est un problème", a-t-il jugé.

 
 
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14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 21:52

Article publié dans la BUGADE de Mars – Avril 2007
 
 
L’usage de l’Anglais dans l’entreprise
 
 
La CFDT EADS avait interpellé la DG d’EADS au sujet de l’usage abusif de l’anglais dans l’entreprise. Frédéric AGENET, DRH EADS France, a répondu à notre interpellation, en rappelant :
 
« Il est certain que la pratique de l’anglais est incontournable dans un groupe européen comme le notre. Elle constitue un facteur d’intégration essentiel dont nous ne pouvons nous passer. Pour autant cet usage doit s’inscrire dans le cadre légal français. Nos filiales doivent veiller en particulier à ce que les instructions dont la connaissance est indispensable pour l’exécution des contrats de travail ainsi que les obligations s’imposant aux salariés soient rédigées en français. Les modalités d’application de ce cadre légal doivent bien sur être appréciées dans chaque filiale, au plus proche du terrain. En tout état de cause, l’usage de l’anglais doit être justifié par les nécessités de fonctionnement de l’entreprise. »
 
La réponse est claire et précise, ce qui permettra à chacun de s’appuyer dessus. Il faut se battre contre les abus, en n’oubliant pas que le Français est la langue de la République.
 
N’hésitez pas, par ailleurs, à consulter notre dossier sur ce sujet sur le blog.
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27 avril 2007 5 27 /04 /avril /2007 14:21

L'anglais au bureau? No! (*)
 
 
 

Parler ou ne pas parler la langue de Shakespeare au travail, sans traduction... le tribunal de grande instance de Nanterre doit rendre demain son jugement dans un affaire opposant la direction d'Europ Assistance à des salariés récalcitrants

 
 
 

Le 12 avril, à la suite des attentats de Casablanca et d'Alger, les salariés français d'Areva Transmission & Distribution, basés à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), ont reçu une note portant sur la sécurité au Maroc et en Algérie. Ou, plus exactement, un "security warning regarding Algeria and Morocco". Sans traduction française. "C'est une habitude dans notre société, souligne Maryvonne Jaffré, déléguée syndicale CFTC. Notre Intranet est en anglais et notre PDG nous envoie régulièrement des messages dans cette langue. Beaucoup de salariés qui la comprennent mal en souffrent."

 
 
 

La loi Toubon (1994) oblige à utiliser le français dans les entreprises

 


Comme nombre de syndicalistes, Maryvonne Jaffré a l'œil rivé sur la date du 27 avril. Ce jour-là, le tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre devrait rendre son jugement dans l'affaire opposant la CFTC d'Europ Assistance à la direction de l'entreprise. Objet de la discorde: la mise en place, à l'été 2006, d'un logiciel de consolidation comptable américain, accompagné d'un guide d'utilisation non traduit et d'une base de données commerciales elle aussi en anglais. "Nous demandons le respect du Code du travail, qui stipule, depuis l'adoption de la loi Toubon, en 1994, que l'employeur doit rédiger en français "tout document comportant des obligations pour le salarié ou des dispositions dont la connaissance lui est nécessaire pour l'exécution de son travail”, indique Philippe Lapille, avocat de la CFTC. Un enjeu de société qui dépasse largement les frontières de l'entreprise, plaident les défenseurs du français. Le linguiste Claude Hagège y voit un "combat pour la diversité face au redoutable défi de l'uniformité qu'incarne l'anglais".  

 
 
 
Le bilinguisme est encore loin
 
 
 

Même si 90% des élèves français choisissent l'anglais comme première langue à l'entrée en classe de sixième, l'heure n'est pas encore au bilinguisme: 40% des Français affirment parler anglais, avec plus ou moins d'aisance. Un taux qui atteint 52% en Allemagne et 80% aux Pays-Bas.

 
 
 

Sur le front des affaires, la bataille est mal engagée. "Dans les entreprises les plus internationalisées, comme dans celles dont le marché est mondial, l'anglais domine", observe Jean-Louis Muller, l'un des dirigeants de la société de conseil et de formation Cegos. Selon une enquête menée en 2003 par l'Observatoire de la formation, de l'emploi et des métiers, 7% des sociétés françaises exportatrices travaillent dans la langue de Shakespeare, 77% dans celle de Molière et 9% dans les deux. On flirte parfois avec l'ubuesque. "J'ai participé récemment à un séminaire de formation réunissant, à Paris, une dizaine de cadres français d'Alstom, le champion hexagonal de l'énergie et des transports, raconte un consultant. Ils se sont parlé anglais… jusque dans l'ascenseur et à la cafétéria!"

 
 
 

Au sein de certaines entreprises, le tout-anglais donne de l'urticaire à beaucoup. "La résistance s'organise, affirme Thierry Priestley, président de l'association le Droit de comprendre, créée en 1994 pour surveiller l'application de la loi Toubon. Nous recevons de plus en plus d'appels de salariés et de responsables syndicaux en quête d'informations et de conseils." Ils se plaignent de stress. Redoutent les ambiguïtés et les erreurs liées à une mauvaise compréhension. Craignent la discrimination par l'anglais.

 
 
 

Le premier coup de semonce a été tiré par le TGI de Versailles, en janvier 2005, qui a donné gain de cause aux représentants syndicaux CGT et CFDT de GE Medical Systems: les juges ont condamné le fabricant d'appareils d'imagerie médicale à traduire en français documents internes, logiciels et notes techniques. Après la confirmation en appel de cette décision, la direction s'est pourvue en cassation. "Si les syndicats s'engouffrent dans la brèche, cela pourrait coûter très cher aux entreprises", prédit la juriste Marie Hautefort, directrice des Editions sociales Lamy.

 
 
 
Parlez-vous globish
 
 
 

Peu à peu, l'anglais cède le pas au globish, contraction des mots global et English. Cet «anglais pour les nuls», version superallégée de la langue de Shakespeare - 1 500 mots, des phrases courtes, une grammaire simplifiée - n'a qu'un objectif: permettre à chacun de communiquer dans le monde entier, quelle que soit la nationalité de son interlocuteur. Jean-Paul Nerrière, ancien vice-président d'IBM Etats-Unis et chaud partisan de ce nouvel espéranto du monde des affaires, lui a consacré un livre: Don't speak English, parlez globish (Eyrolles).

 
 
 

Justement: la deuxième alerte a été sonnée, à la fin de 2006, par plusieurs syndicats et associations de défense du français, alliés au sein d'un "Collectif pour le droit de travailler en langue française… en France!". "Deux événements nous y ont incités, explique Jean-Loup Cuisiniez, chargé de la francophonie à la CFTC. D'abord le cas Europ Assistance. Ensuite celui de l'hôpital d'Epinal, où des centaines de patients ont été victimes de surirradiation lors d'un traitement de radiothérapie." Parmi les multiples causes de l'accident survenu dans les Vosges, le rapport publié en février dernier par l'Inspection générale des affaires sociales évoque l'absence de guide d'utilisation en français du nouveau logiciel de dosimétrie.

 

Les entreprises ont-elles senti le vent tourner? Il y a quelques semaines, le constructeur informatique HP a renoncé à délocaliser en Inde son service interne d'assistance téléphonique. Les salariés pourront à nouveau régler leurs problèmes informatiques en français. De son côté, le groupe aéronautique EADS vient de promettre de se pencher sur ses pratiques linguistiques - il n'existe pas de version française, notamment, des sites Internet d'Airbus et d'Eurocopter. Ailleurs, les syndicalistes ont l'arme au pied. Chez Cargill France, par exemple, filiale du groupe agroalimentaire américain, où les représentants du personnel contestent l'absence de traduction française des documents de travail et des logiciels. "Le sujet figure à l'ordre du jour de notre conseil central d'entreprise du 25 avril, précisait Daniel Allibert, son secrétaire (CFDT). La suite dépendra de l'attitude de la direction." Le dossier est entre les mains d'un avocat. A tout hasard.

 
 
 
Faut-il durcir la loi?
 
 
 

  "Je monterai à nouveau au créneau." Le sénateur Philippe Marini (UMP) est tenace. Pas question pour lui de laisser dormir dans un tiroir sa proposition de loi destinée à renforcer la loi Toubon (1994) sur l'usage du français. Cette proposition, adoptée à l'unanimité par le Sénat en 2005, comporte des dispositions visant les entreprises: l'obligation faite au patron de soumettre au personnel un rapport sur l'utilisation de la langue française dans la société; la rédaction en français de l'ordre du jour du comité d'entreprise, ainsi que du procès- verbal consignant les délibérations. Selon Philippe Marini, "il est important de maîtriser l'anglais, mais l'entreprise doit être fière de sa culture et de sa langue d'origine".




(*) Par Anne Vidalie. Article paru dans l’Express du 26/04/07

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9 avril 2007 1 09 /04 /avril /2007 10:52


L’usage de l’anglais dans le groupe EADS : réponse de la direction générale

 
 
 
 
 

La CFDT d’EADS a interpellé en aout 2006 la direction générale sur l’usage de l’anglais dans notre entreprise. Le 3 avril 2007  la direction  vient de donner officiellement sa réponse. Elle est précise, et chaque salarié pourra s’appuyer sur cette réponse officielle.

 
 
 

L’usage de l’anglais dans les entreprises a fait l’objet de plusieurs articles sur le blog. Vous les retrouverez dans le thème « Langlais dans l’entreprise ».

 
 
 

« Halte au pseudo anglais dans les entreprises » 

 

 

« La langue de la République est le français » 

 

 

« L’anglais, n’abusons pas »

 

 
 
 

A suivre dans la pratique…

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Direction des Ressources Humaines EADS France

 
 
 

A

 
 
 

Monsieur Jean – Bernard GAILLANOU

 

Coordinateur Syndical CFDT

 
 
 

Monsieur Jean – Marie Peeters

 

Coordinateur Syndical Suppléant CFDT

 
 
 
 
 
 
 

Messieurs les coordinateurs Syndicaux,

 
 
 

Vous m’avez interrogé à plusieurs reprises, par écrit et verbalement, sur l’usage de l’anglais comme langue de travail dans les filiales du Groupe EADS situées en France.

 
 
 

Il est certain que la pratique de l’anglais est incontournable dans un groupe européen comme le nitre, en particulier au niveau de l’encadrement. Elle constitue un facteur d’intégration essentiel dont nous ne pouvons nous passer.

 
 
 

Pour autant, cet usage de l’anglais doit s’inscrire dans le cadre légal français. Nos filiales doivent veiller en particulier à ce que les instructions dont la connaissance est indispensable pour l’exécution des contrats de travail ainsi que les obligations s’imposant aux salariés soient rédigées en français. Les modalités d’application de ce cadre légal doivent être appréciées dans chaque filiale, au plus proche du terrain. En tout état de cause, l’usage de l’anglais doit être justifié par les nécessités de fonctionnement de l’entreprise.

 
 
 

Je vous prie d’agréer, messieurs les coordinateurs Syndicaux, l’expression de mes salutations distinguées.

 
 
 

Fréderic AGENET

 
 Directeur des Ressources Humaines EADS France
 
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4 avril 2007 3 04 /04 /avril /2007 09:07



L’anglais dans l’entreprise est un sujet que nous prenons en compte au sein d’EADS et d’Eurocopter. Nous avons traité ce sujet à plusieurs reprises, en rappelant notamment que le Français est la langue de la République.

 
 
 

 Claude Hagège professeur honoraire au Collège de France apporte son éclairage sur ce sujet qui fait débat dans de nombreuses entreprises.

 
 
  
 
 
 Halte au pseudo-anglais dans les entreprises (*)
 
 
 

LE MONDE | 19.03.07 |

 


 

La presse a fait écho aux actions dénonçant l'habitude, prise par nombre d'entreprises françaises, d'imposer l'anglais à tous les échelons, alors même que, en dehors d'anglophones de passage, on n'y trouve personne qui ait de l'anglais une connaissance autre que superficielle. Faut-il s'en étonner ? L'anglais n'est pas la langue facile que l'on croit, en se laissant abuser par l'impression d'une acquisition rapide.

 
 
 

C'est, au contraire, une langue assez difficile, non seulement par sa phonétique, mais aussi par la structure des phrases. Une petite expérience suffit pour s'en convaincre. Elle consiste à relever, dans des journaux britanniques ou américains, tel ou tel article, contenant, comme c'est le cas le plus souvent, beaucoup de constructions verbales et formules idiomatiques transparentes pour les locuteurs de naissance. On constate que la plupart de ces textes sont en partie opaques à des étrangers, pourtant bons connaisseurs de l'anglais, ou considérés comme tels.

 
 
 

Il est donc contre-productif d'imposer l'anglais à tout le personnel dans les entreprises françaises. Les syndicats qui récusent cette pratique insistent sur le sentiment d'insécurité, et parfois les troubles psychologiques que cause chez les plus fragiles la pression d'une langue non choisie. Peut-on, dès lors, expliquer une telle politique linguistique par la recherche opiniâtre de l'efficacité à un autre niveau, c'est-à-dire dans la concurrence sauvage entre les entreprises pour la conquête des marchés mondiaux ?

 
 
 

La réponse est claire : jusqu'à présent, personne n'a jamais apporté la moindre preuve d'un accroissement des performances commerciales qui serait la conséquence directe de l'usage de l'anglais, même si l'on peut admettre que les produits soient vendus en anglais, hors de France, aux clientèles anglophones. Personne n'a jamais démontré non plus que le français n'ait pas toutes les ressources nécessaires pour exprimer le monde contemporain.

 
 
 

Les puissants coups de boutoir pour abattre le français apportent un précieux renfort à une autre action, conduite par des institutions et entreprises américaines. On pourrait croire que ces dernières se contentent de l'état de déséquilibre des langues qu'a créé à leur bénéfice, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l'entrée de plus en plus massive de produits américains, notamment culturels, sur les marchés européens comme sur les autres. Mais cela ne suffit pas. Les groupes en question visent l'éviction pure et simple du français. C'est ainsi qu'ils commandent à leurs experts des études précises du prix que leur coûterait l'effort aboutissant à supplanter, au profit de l'anglais, le français dans les pays mêmes où il est répandu, par exemple en d'Afrique subsaharienne.

 
 
 

Il s'agit, ici, d'une véritable guerre. Certains rappelleront la grave défaite subie par la France dès... 1763, quand le traité de Paris la délogea des immenses territoires où elle était présente depuis plus d'un siècle, et qui étaient donc perdus pour le français. D'autres vitupéreront les délicatesses du marquis de La Fayette, déclinant avec une insouciante élégance le cadeau que Washington aurait proposé, dit- on, en reconnaissance du concours apporté par la France à la lutte pour l'indépendance américaine : adopter le français comme langue des tout jeunes Etats-Unis.

 
 
 

Il est vain, aujourd'hui, de raviver les regrets atterrés que peuvent susciter tant d'immenses gâchis, en rêvant de ce que serait le monde si le français dominait en Amérique du Nord, au lieu d'être parlé dans un seul bastion, le Québec, de 7 millions de locuteurs immergés dans un océan de 260 millions d'anglophones. Du moins peut-on se demander pourquoi les candidats à la plus haute fonction de l'Etat n'inscriraient pas dans leur programme la promotion de la diversité des cultures, et donc celle de la culture française à travers sa langue. Car le français, avec plus de cinquante pays adhérant à l'Organisation internationale de la francophonie, est à la base, aujourd'hui, du seul autre projet existant face à l'énorme défi de l'uniformité.

 
 
 

 

Claude Hagège est professeur honoraire au Collège de France.

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9 février 2007 5 09 /02 /février /2007 10:52

 
Article 2 de la Constitution
 
 
Au niveau de la CFDT nous sommes intervenus à plusieurs reprises sur l’usage abusif de l’anglais, dans le groupe EADS.
 
Notre action a d’ailleurs été reprise par un article paru dans le journal La Tribune en novembre 2006.
 
A ce titre, la CFDT a été invité à un colloque à l’Assemblée Nationale le 8 février 2007 sur la défense de la langue française. Le collectif regroupant l’ensemble des syndicats et des associations de défense de langue française se réunissait pour la première fois, et s’est exprimé devant les médias. La délégation CFDT d’EADS a été interviewée sur FRANCE INTER.
 
Le point intéressant de cette rencontre a été de constaté que ce qui se passait dans notre groupe, se retrouvait dans d’autres entreprises françaises (AXA, Europe ASSISTANCE, ALCATEL LUCENT, GEMS, etc.).
 
Contrairement à ce que l’on peut parfois penser, ou à ce que l’on veut nous faire croire comme inéluctable, la défense de la langue française a son importance. Ce n’est pas un combat d’arrière garde. C’est la défense d’une histoire et d’une culture, qui ne doivent pas être sacrifiées à la loi du marché.
 
Il convient de dissocier la langue du client, la langue des dirigeants et la langue des salariés.
 
« Ainsi respecter la langue de son interlocuteur, c’est respecter la personne humaine. »
 
De tous temps, pour « dominer le peuple », les dirigeants parlaient une langue différente. Autrefois le latin, puis le français par rapport aux patois locaux, et aujourd’hui l’anglais dans nos entreprises ?
 
La Loi TOUBON, dite « all good » est souvent moquée et présentée comme désuète.
 
Il faut savoir, qu’une proposition de loi (*) a été adoptée par le Sénat pour l’actualiser et la compléter en intégrant la réalité actuelle des groupes mondialisés et les nouvelles technologies. Cette proposition de loi a été adoptée à l’unanimité du Sénat, ce qui est très rare, et mérite d’être souligné. L’usage de l’anglais, et de toute langue étrangère dans l’entreprise, doit être un des éléments du débat social dans l’entreprise. Malheureusement, elle n’a toujours pas été présentée à l’Assemblée Nationale, et n’est donc pas applicable. Y – aurait – il des freins du MEDEF, par exemple, pour qu’elle ne soit pas présentée ?
 
Il n’y a de combats perdus, que ceux qui ne sont pas menés.
 
A suivre.
 
 
(*)
 
 
 
 
Séance du 10 novembre 2005




Un collectif contre la colonisation de la langue "corporate" (*)

 

 


Dans mon bureau openspace, mon manager m'a demandé de préparer as soon as possible un reporting en one-to-one, avec une shortlist sur un benchmarking de produits. Ouf, demain, je suis en day-off." Vous n'avez pas tout compris ? Muriel Tardito doit faire un effort car c'est son quotidien de salariée d'Europ Assistance. De l'anglais distillé dans les relations de travail en France et dans une entreprise française. Membre du collectif pour le droit de travailler en français, cette syndiquée à la CFTC n'est pas la seule, jeudi 8 février, dans une salle de l'Assemblée nationale, à dénoncer cette colonisation linguistique dans les grandes entreprises.

 

"La messagerie sur Intranet, l'assistance technique, même les réunions avec le personnel sont souvent en anglais. On nous répond que c'est la langue 'corporate', mais certains responsables ne connaissent même pas la signification des termes qu'ils emploient", ironise Martine Lamonnier de la CGT, employée chez Alcatel-Lucent.

 

 

Derrière les mots, des maux. "De plus en plus de salariés se disent mal à l'aise avec cet anglais, mais cela ne doit pas être une tare !", s'insurge Jean-Loup Cuisinez (CFTC), fondateur en juillet 2006 de ce collectif composé de syndicats et d'associations et invité à s'exprimer au Palais-Bourbon par le député Jacques Myard (UMP, Yvelines). Certes, les formations d'anglais existent, mais "c'est souvent au bon vouloir du patron". Le collectif craint des discriminations pour les évolutions de carrière. "Un plan social est prévu chez Alcatel, cela sera peut-être un critère de licenciement", estime Mme Lamonnier.

 

 

Pourtant, la loi Toubon datant de 1994 impose aux entreprises des obligations pour rédiger leurs documents en langue française. Certains ont choisi de saisir la justice pour faire enfin appliquer les textes. "En juin dernier, Europ Assistance a imposé à ses salariés un logiciel comptable et une base de données internationales commerciale en anglais, explique l'avocat Philippe Lapille. Nous avons assigné l'entreprise devant le tribunal de grande instance de Nanterre. Seul problème, en France, le code du travail impose des preuves exclusivement en langue française..."

 

 

Sébastien Hervieu

 

(*) Article paru dans l'édition du 10.02.07


Sus au globish !

 


[ Les Echos DU 13/02/07 ]

 

 

Je travaille en open space, mais là, j'ai un one to one avec mon boss à son desk. On va débriefer sur le marché B to B. Demain, il veut lancer le reporting et un brainstorming, mais je serai en day off. » On ne rigole pas souvent dans les salles de réunion cachées sous l'Assemblée nationale, mais la représentante d'Europ Assistance peut se targuer d'avoir déridé les troupes. Les visages, pourtant, se veulent graves : les 80 personnes réunies pour l'occasion, majoritairement syndicalistes, entendent défendre une « cause fondamentale » : « sauver le français au travail ». Initiateur de cette réunion, le Collectif pour le droit de travailler en langue française, composé de syndicats et d'associations, tire la sonnette d'alarme : dans les entreprises, la langue de Molière est victime des assauts de celle de Shakespeare.

 

 

Le sujet peut faire sourire, comme ces « managers » modernes qui font du « pricing » en fonction du « benchmarking » là où les dirigeants d'antan adaptaient leur prix en fonction des études de marché. Mais cette novlangue, qualifiée de « globish » (english et globale), a des conséquences « dramatiques » : « Pour se démarquer, les managers parlent un sabir qu'eux-mêmes ne maîtrisent pas ! Les salariés ne comprennent plus rien à l'organisation, aux projets, à la stratégie », insiste le délégué UDPA-Unsa d'AXA Tech. « Nous ne sommes pas anglophobes, mais c'est une question de qualité du travail, de sécurité et d'emploi », martèle le collectif, qui décrit le « stress » des salariés voyant l'anglais s'imposer dans les réunions, les formations, les logiciels, l'intranet, les assistances techniques... « C'est discriminant. L'anglais devient indispensable pour beaucoup d'emplois. C'est intolérable. » Alors Jacques Myard, député UMP des Yvelines, tonne : il en va « de l'avenir de notre économie ; arrêtons de tomber dans le piège du globalisme culturel. » Et l'édile francophile d'asséner un très sarkozien : « En France, on parle français ou on va faire des affaires ailleurs ! »

 

 

Le collectif, soutenu notamment par les académiciens Maurice Druon, Jean d'Ormesson et Erik Orsenna, compte un autre allié de poids : le droit. Depuis la loi Toubon de 1994, le Code du travail précise que « tout document comportant des obligations pour le salarié, ou des dispositions dont la connaissance est nécessaire pour l'exécution de son travail, doit être rédigé en français ».

 

 

Gems, filiale de General Electric, se l'est vu rappeler début 2006 par la cour d'appel de Versailles. Une première en France, tant les procès ont été rares jusqu'ici. Ils pourraient toutefois se multiplier, préviennent les syndicalistes. Europ Assistance, attaqué le 9 mars au tribunal de Nanterre pour avoir implémenté un logiciel de gestion en anglais uniquement, ouvrira en tout cas le bal. « See you in court ! », comme disent les Anglais.

 

 

DEREK PERROTTE

 

 

 

 

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Published by Equipe rédaction CFDT Eurocopter - dans L'anglais dans l'entreprise
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11 novembre 2006 6 11 /11 /novembre /2006 08:35



Nous étions intervenus il y a quelques mois auprès de la direction d’EADS sur l’usage de l’anglais dans l’entreprise.

 
 
 
 
 
 
 
 

La tribune a publié aujourd’hui 2 articles intéressants sur le sujet. La journaliste avait contacté notre coordinateur syndical Jean – Bernard GAILLANOU à ce sujet, suite à l’article publié sur ce blog…

 
 
 

Vous trouverez donc l’analyse de la journaliste sur ce problème qui dépasse évidemment EADS et Eurocopter.

 
 
 
Bonne lecture !
 
 

 
 
 

Les syndicats résistent au "tout anglais" (*)

 
 
 

Récemment, le ministre de l'Économie et des Finances était interpellé au Sénat sur le fait que de grandes entreprises françaises, comme Thales, Airbus et Eurocopter du groupe EADS, dont l'État est actionnaire, ne disposent pas de version française de leur site Internet. Au même moment, la CFDT d'EADS adressait un courrier à la direction des relations sociales du groupe pour contester, en se reposant sur la loi Toubon, le recours au " tout anglais ", non seulement sur les sites Internet mais aussi sur les systèmes d'information en interne.

 


Tout en anglais. " La demande est partie d'Eurocopter, explique Jean-Bernard Gaillanou, coordinateur CFDT, où entre le nouvel organigramme, les procédures définissant le fonctionnement de l'entreprise et le système d'évaluation des cadres entièrement libellés en anglais. Les salariés, notamment ceux qui n'ont pas été bercés par la langue de Shakespeare, ne s'y retrouvent plus. " Face à la progression de l'anglais tous azimuts - 9 % des grandes entreprises franciliennes ne communiqueraient plus qu'en anglais (*) -, les syndicats se mobilisent pour faire respecter la loi Toubon de 1994, qui oblige l'employeur à rédiger en français tout document comportant des dispositions dont la connaissance est nécessaire au salarié. " À nos yeux, l'usage de l'anglais ne doit pas s'affranchir des législations nationales et du respect de certains principes. Tel est le sens de notre intervention auprès de la direction d'EADS, souligne Jean-Bernard Gaillanou. Exiger la maîtrise d'une langue étrangère à des salariés travaillant à l'international, rien de plus légitime. Par contre, imposer le "tout anglais" à des populations qui n'en ont ni la sensibilité ni le besoin peut sembler assez absurde. "

 


Pourtant, mal aimée à Bruxelles, où on la soupçonne d'entraver la libre concurrence, la loi Toubon peine à se faire respecter. " La Commission européenne accepte difficilement cette loi qu'elle considère comme une entrave à la libre prestation de services et circulation de marchandises, précise Benoît Tabaka, juriste spécialisé en droit des technologies de l'information. La pression exercée par Bruxelles explique le cadre souple d'interprétation de la loi adopté par le gouvernement. Comme en témoigne une directive émise en février 2005 par la Direction générale des fraudes (DGCCRF) sur la façon dont les inspecteurs doivent contrôler la loi Toubon, qui va vers davantage de souplesse. " La résistance au " tout anglais " serait-elle un combat d'arrière-garde insensé ? Pas si sûr. En mars dernier, suite à une procédure engagée après des années de bataille interne par le CE, les CHSCT et la CGT, la filiale américaine de General Electric, GE Healthcare, implantée à Buc près de Versailles, a été condamnée à une lourde pénalité pour ne pas avoir assuré la traduction en français d'une série de documents techniques et de sécurité. Cette décision, première en son genre, pourrait avoir un impact sur d'autres entreprises opérant en France et sur les marchés internationaux.

 


Plus anecdotique, mais non moins révélateur, il y a quelques années un bras de fer serré entre la direction d'Axa Assistance et les représentants de la CFTC avait abouti au retrait d'un logiciel de messagerie interne disponible dans sa seule version anglaise. Depuis, la direction a pris les choses en main en instituant une véritable politique linguistique, et notamment une " commission de terminologie ".

 
 
 

 
 
 

Comment le "globish" se diffuse au grand dam des linguistes (*)

 



Banalisé dans les entreprises, le " global english " serait en passe de devenir l'espéranto de notre siècle. Nos linguistes s'inquiètent de l'utilisation, par des Français à destination d'autres Français, de cette version appauvrie de l'anglais.

 
 
 

Que les conseils d'administration de firmes françaises, dont les membres sont tous français, siègent en n'utilisant que l'anglais ne peut se soutenir par aucun argument... ", s'insurgeait il y a quelques temps l'académicien Alain Decaux dans un discours prononcé sur l'avenir de la langue française. En réalité, ce n'est pas tant le fait de parler anglais qui pose problème. Faute de mieux, son usage s'avère indispensable dans bien des cas. Ce qui est regrettable, en revanche, aux yeux des linguistes, est le recours banalisé - souvent parce que " cela fait bien " - à une langue que l'on ne maîtrise que trop mal.

 


" Lorsque l'on parle "globish"dans une entreprise, le langage est défini par son niveau le plus bas, surtout s'il est parlé par les personnes le plus haut placées. N'étant pas complet, cet anglo-américain des affaires et du management est devenu l'espéranto de notre siècle, mais avec des moyens d'expression beaucoup plus réduits que ceux qu'offre toute langue maternelle ", constate Alain Rey, linguiste et rédacteur en chef des éditions Le Robert.

 


Ni qualité, ni élégance. Or c'est précisément cette médiocrité qui ferait la force du " globish " - terme issu de la contraction de " global " et " english ". Ce degré zéro de l'expression s'est même trouvé un gourou zélé en la personne de Jean-Paul Nerrière, ancien directeur de marketing d'IBM et auteur du livre à succès Don't speak english, parlez globish ! (éd. Eyrolles), qui propose " ni élégance, ni qualité, ni même conformité à la langue mère, mais bien une efficacité prosaïque ". Le globish, dont le terme à été déposé par son ardent défenseur, s'appuie non seulement sur une méthode d'apprentissage, mais également, nous dit l'auteur, sur un réseau de professeurs, à l'instar de l'organisme de formation aux entreprises, Westmill. Composé de 1.500 mots et de quelques règles de phonétique et de grammaire de base, cet idiome bannit expressément humour et subtilités de langage et laisse la part belle aux répétitions et aux lourdeurs sans fin, car son seul objectif est de se faire comprendre partout et par tous, un point c'est tout ! " Il n'est en aucun cas une première étape vers une connaissance plus approfondie de l'angloricain. Ceux qui l'apprennent doivent cesser leurs efforts dès qu'ils l'ont dompté ", précise J.-P. Nerrière, qui propose de jeter les bases d'une culture sociale sans frontières et lutter contre la langue anglaise là où elle ne l'attend pas. Il s'agit, autrement dit, d'apprendre le globish pour mieux combattre l'english. " Vous inscrire dans cette nouvelle démarche aura le mérite de vous faire défendre votre langue, en contribuant à asphyxier l'anglais dans son adipeuse, mais appauvrissante diffusion universelle ", assure-t-il. C'est précisément cet appauvrissement dont s'inquiètent nos linguistes.

Deux langues malmenées. On ne badine pas avec les langues. C'est de diversité culturelle dont il est question. " Quand on est entre francophones ou franco-parlants, l'emploi du "globish" est une déperdition à tous les niveaux. Ça fait du mal non seulement à la langue française, mais d'abord et avant tout à la langue anglaise et surtout à la communication et à sa qualité ", affirme Alain Rey. Par ailleurs, malgré sa pauvreté sémantique, cet anglo-américain des affaires réussit à contaminer les autres langues, en commençant par la nôtre qui semble très perméable à ses charmes. On ne compte plus les mots empruntés à ce jargon. De la " conf'call où il est question de scoring ", au " meeting avec "the"big boss pour discuter des KPI ", le globish dégouline de partout. D'après Alain Rey, "l'emprunt est nécessaire à toutes les langues. Et l'anglais n'est pas en reste, qui emprunte très largement au français. Il y a en revanche un risque d'appauvrissement lorsque tous les emprunts viennent de la même source. "

 


Les anglicismes peuvent être enrichissants s'ils définissent une réalité qui n'existe pas en français, mais deviennent ridicules quand ils correspondent à des réalités qui peuvent parfaitement être exprimées en français. S'il est difficile de réagir contre le phénomène du " tout anglais " à une époque où les évolutions se décident largement au sein des entreprises, autant se donner les moyens, par le biais de traductions et de formations appropriées lorsque besoin en est, de communiquer dans la diversité des mots. " Les mots sont le sel de la vie. Plus on oublie les mots, plus on ferme les fenêtres... à la fin, on devient aveugle ", assure le romancier Erik Orsenna.

 
 
 
À méditer...
 
 
 

(*) La Tribune 9 novembre 2006

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